23/09/2026 18:14 - Categorie: Innovation & Entrepreneuriat - Commune: Cocody - Par Super Admin
SEREDD 2026
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SEREDD 2026 Dr Konan Kouadio Francisco, Maître de Conférences à l'Ecole Normale supérieure et premier Responsable du SEREDD : « Nous avons besoin d’une mobilisation de toutes les compétences »
SEREDD 2026
Dr Konan Kouadio Francisco, Maître de Conférences à l'Ecole Normale supérieure et premier Responsable du SEREDD : « Nous avons besoin d’une mobilisation de toutes les compétences »
À quelques jours de la première édition de la Conférence internationale sur les Sciences, les Énergies renouvelables, l’Environnement et le Développement durable (SEREDD 2026), le Dr Konan Kouadio Fransisco, Maître de Conférences et physicien à l’École Normale Supérieure (ENS) d’Abidjan, présente les ambitions de ce rendez-vous scientifique. Dans cet entretien, il revient sur les enjeux de la transition énergétique et environnementale en Afrique, la nécessité de rapprocher recherche, formation, innovation et décision publique, ainsi que les solutions à construire face aux défis climatiques. Il appelle chercheurs, étudiants, professionnels, décideurs et partenaires à faire de la SEREDD 2026 un véritable espace de coopération et d’action au service du développement durable de l’Afrique.
La SEREDD 2026 est annoncée comme la 1ère Conférence internationale consacrée aux Sciences, aux Énergies renouvelables, à l’Environnement et au Développement durable. Quelle est la vision qui sous-tend l’organisation de cette conférence ?
La vision de la conférence internationale SEREDD 2026 est de créer un espace international de dialogue, de réflexion et de partage d’expériences autour des sciences, des énergies renouvelables, de l’environnement et du développement durable. Dans un contexte marqué par les changements climatiques, l'urbanisation, la pression sur les ressources et les besoins croissants en énergie, nous voulons rapprocher la recherche scientifique, la formation, l’innovation technologique, les acteurs socio-économiques et les décideurs afin de contribuer à une transition énergétique et environnementale adaptée aux réalités africaines. Cette conférence ambitionne également de favoriser l’émergence de solutions scientifiques et technologiques capables de répondre durablement aux défis actuels et dans le futur afin de favoriser des solutions adaptées aux réalités africaines, fondées sur les données, la recherche et les compétences locales. La conférence porte ainsi une ambition à la fois scientifique, pédagogique, technologique et sociétale : accélérer une transition énergétique et environnementale durable, résiliente et inclusive.
Le thème porte sur la formation pédagogique, les sciences fondamentales et appliquées, les énergies renouvelables et l’environnement. Pourquoi avoir choisi de réunir ces différents domaines autour de la transition énergétique et environnementale ?
Le choix de ce thème reflète une conviction. En effet, sans capital humain qualifié, il n’existe pas de véritable transition énergétique et environnementale ; sans science solide, il n’y a ni innovation durable ni développement durable, et le développement durable ne peut pas se faire sans la qualification permettant de transformer les connaissances scientifiques en solutions adaptées aux territoires. La transition énergétique et environnementale ne peut être abordée par une seule discipline. Elle nécessite une approche interdisciplinaire associant la formation, les sciences fondamentales et appliquées, les technologies énergétiques et la protection de l’environnement. La formation permet de préparer les compétences nécessaires actuelles et du futur, tandis que la recherche scientifique permet de comprendre les phénomènes, d’innover et de développer des solutions adaptées. Réunir ces domaines permet donc de créer une véritable chaîne allant de la connaissance à l’innovation, puis de l’innovation à son application au service du développement durable.
Quels sont les principaux enjeux auxquels la Côte d’Ivoire et, plus largement, les sociétés africaines doivent faire face en matière de transition énergétique et environnementale ?
Les enjeux sont multiples. Il faut d'abord répondre à une demande énergétique croissante tout en garantissant un accès à une énergie fiable, abordable et plus durable. À l'échelle africaine, l'accès à l'électricité reste un défi majeur et les investissements doivent progresser fortement, notamment dans les solutions décentralisées, l'efficacité énergétique et les énergies propres. Il faut également renforcer la résilience des territoires face aux inondations, aux sécheresses, à l'érosion côtière, aux épisodes de chaleur et aux autres effets du changement climatique, tout en protégeant les forêts, l'eau, les sols et la biodiversité. Pour la Côte d’Ivoire comme pour de nombreux pays africains, l’enjeu consiste donc à accélérer l’accès aux énergies propres tout en assurant la croissance économique, la création d’emplois, la protection des écosystèmes et l’amélioration des conditions de vie des populations. Il s’agit donc de construire une transition qui soit à la fois énergétique, environnementale, économique et sociale.
La conférence prévoit quatre axes, notamment les énergies renouvelables, la résilience des territoires, la gestion durable des ressources naturelles, ainsi que la gouvernance et le financement.
Quelles avancées concrètes attendez-vous des échanges autour de ces différents axes ?
Les quatre axes constituent des dimensions complémentaires de la transition énergétique et environnementale. Le premier met l'accent sur la formation, les sciences fondamentales et appliquées et leur contribution à la société. Ensuite, la deuxième traite des énergies renouvelables, de l'efficacité énergétique et de la résilience des territoires. Puis, le troisième aborde l'environnement, le climat et la gestion durable des ressources naturelles. Enfin, le quatrième concerne la gouvernance, le financement et l'innovation sociale. L'intérêt de cette structuration est de relier la production des connaissances, les solutions technologiques, la protection des ressources et les conditions institutionnelles et financières de leur déploiement. Enfin, elle doit aussi favoriser les synergies entre disciplines et entre acteurs publics, privés, académiques et sociaux.
Nous attendons que les échanges permettent de dépasser le simple partage de connaissances pour aboutir à des propositions concrètes et opérationnelles. Il s’agit notamment d’identifier des solutions technologiques adaptées aux réalités africaines, de renforcer les collaborations entre chercheurs et institutions, de favoriser les partenariats entre universités, entreprises et pouvoirs publics et de faire émerger de nouveaux projets d’innovation et de recherches interdisciplinaires, de rapprocher laboratoires, entreprises et décideurs, d'identifier des solutions transférables aux territoires africains et de mieux faire connaître les technologies et innovations adaptées aux besoins locaux. Nous souhaitons également que les discussions permettent de dégager des recommandations sur la formation, l'efficacité énergétique, l'électrification, l'adaptation au changement climatique, la gestion des ressources et le financement des projets. En définitive, la conférence doit servir de point de départ à des réseaux durables de coopération, et non constituer seulement un événement de deux journées scientifiques.
La SEREDD 2026 se déroulera en format hybride, à la fois en présentiel à l’ENS d’Abidjan et en ligne. Quel public ciblez-vous et quelle place souhaitez-vous accorder aux chercheurs, étudiants, professionnels et décideurs ?
La conférence SEREDD 2026 s’adresse à un public large : enseignants-chercheurs, chercheurs, étudiants, ingénieurs, professionnels, entrepreneurs, institutions publiques, décideurs, acteurs du développement et partenaires techniques et financiers. Le format hybride, avec une présence à l’ENS d’Abidjan et une participation en ligne, permettra d’élargir considérablement cette communauté.
Nous accordons une place centrale aux chercheurs, car ils produisent les connaissances et développent les innovations. Les étudiants représentent la relève scientifique et technologique. Les professionnels contribuent à la valorisation et à la mise en œuvre des solutions, tandis que les décideurs ont la capacité de transformer les résultats scientifiques en politiques et programmes publics. La rencontre entre ces quatre catégories d’acteurs est donc essentielle.
Au-delà des communications scientifiques, la conférence prévoit des sessions de conférenciers, de panélistes et une cérémonie de clôture. Quelles retombées concrètes souhaitez-vous obtenir à l’issue de ces deux journées ?
Nous souhaitons que la SEREDD 2026 débouche sur des retombées durables : la création de nouvelles collaborations scientifiques, le développement de projets communs, le renforcement des réseaux entre institutions, la valorisation des résultats de recherche et l’émergence de partenariats entre le monde académique, les entreprises et les pouvoirs publics. En effet, les sessions de conférenciers, les panels et la cérémonie de clôture doivent permettre de faire ressortir des recommandations et des perspectives concrètes pour renforcer la transition énergétique.
À terme, nous souhaiterions que la SEREDD devienne un cadre de référence pour la réflexion scientifique et l’action en faveur du développement durable en Afrique.
À quelques jours de la tenue de la conférence, quel message adressez-vous aux chercheurs, enseignants, étudiants, professionnels et partenaires qui souhaitent prendre part à la SEREDD 2026 ?
Je lance un appel à l’ensemble des chercheurs, enseignants, étudiants, professionnels, décideurs et partenaires : venez partager vos connaissances, vos expériences, vos innovations et vos projets à la SEREDD 2026.
Cette conférence est une opportunité de dialogue, de réseautage et de construction collective de solutions face aux défis énergétiques et environnementaux. Nous avons besoin d’une mobilisation de toutes les compétences pour faire de la science un véritable instrument de transformation de nos sociétés.
La conférence SEREDD 2026 doit être plus qu’une rencontre scientifique : elle doit être un espace où les idées deviennent des projets, les projets deviennent des solutions et les solutions contribuent concrètement au développement durable de l’Afrique. Pour terminer, la conférence internationale SEREDD 2026 veut être un espace où l'on ne se contente pas d’observer les défis, mais où l'on CONSTRUIT ENSEMBLE DES SOLUTIONS ADAPTEES AUX REALITES AFRICAINES. Nous invitons donc chacun à participer à la conférence internationale SEREDD 2026 les 29 et 30 septembre 2026, à l'ENS d'Abidjan, en présentiel ou en ligne.
Interview réalisée par D. GLOVER