La professeure de français au lycée moderne d’Anyama, Gnepoa Dahiée Marcelle, a soutenu le mardi 18 novembre 2025 sa thèse de doctorat intitulée « La littérature populaire dans le champ littéraire ivoirien. Une sociologie institutionnelle », à l’Université Félix Houphouët-Boigny, amphithéâtre Cheick Anta Diop. Son travail, salué pour sa rigueur et sa profondeur, lui a valu la mention Très Honorable.

Un sujet audacieux sur un champ longtemps marginalisé

La littérature populaire, longtemps ignorée par les institutions académiques, occupe désormais une place centrale dans la recherche de Gnepoa Dahiée Marcelle. Sa thèse analyse la production, la diffusion et la réception de ces œuvres, en intégrant la dimension numérique et les nouvelles pratiques de lecture des jeunes.

Le jury a souligné la force du cadre théorique, construit autour de Pierre Bourdieu et de Hans Robert Jauss, ainsi que la pertinence des références mobilisées. La qualité de l’enquête de terrain permet de mieux comprendre les pratiques, motivations et habitudes des lecteurs ivoiriens.

Un jury de haut niveau pour une soutenance exemplaire

La soutenance était présidée par Mme Marie-Clémence ADOM, professeure titulaire de poésie africaine à l’Université FHB. Elle s’est déroulée en présence de :

M. Koffi David N’GORAN, directeur de thèse et professeur titulaire de littérature comparée,

M. Germain Arsène KADI, rapporteur, professeur titulaire à l’Université Alassane Ouattara,

M. Orphée Gerson GORÉ, maître de conférences à l’École Normale Supérieure d’Abidjan,

Mme Diané Véronique ASSI, maître de conférences en roman africain à l’Université FHB.

Chaque membre du jury a salué l’apport scientifique de la thèse, notamment la comparaison internationale avec le Cameroun et le Sénégal, ainsi que l’importance accordée aux formats numériques et interactifs dans l’évolution des pratiques de lecture.

Un travail méthodique et novateur

La doctorante a réalisé une étude approfondie sur les œuvres d’auteurs majeurs de la littérature populaire ivoirienne, tels qu’Isaïe Biton Koulibaly et Anzata Ouattara, tout en explorant la diversité des genres :
sentimental, science-fiction, séries écrites, récits numériques, et autres formes émergentes.

Le jury a félicité la rigueur méthodologique de la chercheuse, capable d’articuler analyses quantitative et qualitative à travers des entretiens, témoignages, enquêtes et “retours de lecture”.

Une reconnaissance académique et professionnelle

À l’issue de la soutenance, Gnepoa Dahiée Marcelle a obtenu la mention Très Honorable, soulignant la pertinence de son sujet, la profondeur de ses analyses et son engagement intellectuel.

En parallèle de sa carrière universitaire, elle enseigne au lycée moderne d’Anyama, où elle se distingue par son professionnalisme et son rôle de mentor auprès des élèves.

Vers de nouvelles perspectives dans l’étude de la littérature

Le jury a encouragé la nouvelle docteure à poursuivre ses travaux sur les formes d’expression numériques et interactives, ainsi que sur les pratiques de lecture contemporaines qui transforment le champ littéraire ivoirien.

Cette soutenance marque une étape importante dans la reconnaissance des littératures populaires en Côte d’Ivoire et consacre Gnepoa Dahiée Marcelle comme une figure émergente de la recherche, alliant rigueur académique et compréhension fine des réalités culturelles actuelles.

La Belle Colombe.

2 réponses

  1. La thèse de Gnepoa Dahiée Marcelle sur la littérature populaire dans le champ littéraire ivoirien, abordée sous l’angle de la sociologie institutionnelle, apporte une contribution intellectuelle majeure à la réflexion littéraire africaine contemporaine.

    Ma lecture sur le plan africain :

    1. Reconnaissance d’une littérature de terrain :
    La littérature populaire, longtemps considérée comme marginale ou peu “noble”, est ici légitimée comme objet de savoir. Elle devient une clé pour comprendre la société, ses imaginaires, ses tensions et ses espoirs.

    2. Une approche sociologique pertinente :
    En s’appuyant sur Bourdieu et Jauss, l’analyse dépasse le texte pour interroger le système : qui écrit, pour qui, comment, et selon quelles logiques de reconnaissance ou d’exclusion ? Cette approche permet d’explorer les inégalités symboliques au sein du champ littéraire africain.

    3. Un miroir de la modernité africaine :
    La littérature populaire reflète les préoccupations actuelles des jeunesses africaines (amour, survie, migration, corruption, spiritualité, etc.) tout en épousant les modes de diffusion contemporains : numérique, réseaux sociaux, formats courts. Elle devient un espace d’expression moderne et accessible.
    4. Une revalorisation de la culture populaire :
    Cette recherche rappelle que l’Afrique ne peut plus se penser uniquement à travers des modèles importés. Les récits populaires africains méritent d’être étudiés, édités, lus et enseignés au même titre que les grands classiques, car ils sont vivants, proches du peuple et porteurs de dynamiques sociales profondes.

    En Conclusion :
    L’étude de Marcelle redonne sa place à une parole souvent négligée : celle des auteurs populaires et de leurs lecteurs ordinaires. Elle ouvre une voie salutaire vers une critique littéraire décolonisée, enracinée dans les réalités locales africaines.

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