01/07/2026 10:41 - Categorie: Science et recherche environnementale - Commune: Séguéla - Par Super Admin
Séguéla/ Lutte contre l'orpaillage illégal : le gouvernement intensifie sa campagne de sensibilisation dans le district du Woroba
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Après les districts des Savanes et des Lacs, ainsi que les régions de l'Agnéby-Tiassa et de La Mé, le gouvernement ivoirien poursuit sa campagne nationale de sensibilisation contre l'orpaillage illégal. Le 25 juin dernier, le ministre des Mines, du Pétrole et de l'Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, a lancé à Séguéla une nouvelle étape de cette tournée, consacrée aux régions du Worodougou, du Béré et du Bafing, réunies
au sein du district du Woroba.
Séguéla, un foyer majeur de l'orpaillage clandestin
Le choix de Séguéla répond à une réalité préoccupante. Selon le ministère, la région du Worodougou concentre à elle seule près de 60 % des sites d'orpaillage clandestin du district. Cette activité entraîne une dégradation accélérée des terres agricoles, la pollution des cours d'eau, l'insécurité, ainsi que d'importantes pertes de revenus pour l'État et les populations locales.
En complément des opérations de démantèlement menées par le Groupement spécial de lutte contre l'orpaillage illégal (GS-LOI) et la Brigade de répression des infractions au Code minier (BRICM), le gouvernement mise désormais sur une vaste campagne de sensibilisation afin de faire des communautés locales les premiers acteurs de cette lutte.
Impliquer les communautés pour des résultats durables
Cette nouvelle approche s'appuie sur les conclusions du Groupe de travail sur l'exploitation minière artisanale et à petite échelle (GT-EMAPE), selon lesquelles les sites clandestins ne peuvent prospérer sans la tolérance, voire la complicité de certains propriétaires fonciers et communautés villageoises.
À Séguéla, Mamadou Sangafowa Coulibaly a échangé avec les chefs traditionnels, les élus, les autorités administratives, les jeunes, les femmes et les organisations communautaires. Il les a exhortés à rompre avec les réseaux qui organisent l'exploitation illégale de l'or, dont les principaux bénéficiaires se trouvent hors de Côte d'Ivoire.
Selon les chiffres présentés par le ministère, plus de 80 % des revenus issus de l'orpaillage clandestin sont captés par des filières de trafic basées à l'étranger. Les communautés locales n'en perçoivent qu'environ 7 %, le reste étant réparti entre différents relais locaux.
« L'État est prêt à vous accompagner »
Les échanges ont permis de mettre en lumière les conséquences de cette exploitation illégale. « L'or est une bénédiction, mais son exploitation illégale est une malédiction », a déclaré un participant, tandis qu'un autre a plaidé pour « un or qui construit plutôt qu'un or qui tue ».
Face à ces constats, le ministre a encouragé les populations à s'engager dans l'orpaillage légal.
« Organisez-vous pour exploiter vous-mêmes vos terres. L'État est prêt à vous accompagner, à faciliter votre intégration dans un cadre formel qui protège vos intérêts, vous permet de récupérer les revenus qui vous échappent aujourd'hui et donne à l'État davantage de moyens pour investir dans vos communautés », a-t-il déclaré.
Le gouvernement indique que cette politique porte déjà ses fruits. Plus de 800 autorisations d'exploitation artisanale ont été délivrées au cours des trois dernières années, soit davantage que durant toute la décennie précédente. Les autorités souhaitent désormais favoriser la création de coopératives afin de professionnaliser davantage la filière.
La relance annoncée de la filière diamant
Le déplacement ministériel a également été marqué par l'annonce de la relance de la filière diamant. Ancien principal bassin diamantifère du pays, Séguéla pourrait retrouver sa place dans cette industrie grâce à un partenariat en cours de construction avec le Botswana, premier producteur africain de diamants.
Des experts botswanais ont déjà effectué plusieurs missions d'évaluation afin d'apprécier le potentiel des gisements de la région.
Le corps préfectoral mobilisé
Au terme de cette étape, Mamadou Sangafowa Coulibaly a confié au corps préfectoral la mission de poursuivre les actions de sensibilisation dans les départements, les sous-préfectures et les villages les plus reculés.
À travers cette stratégie, le gouvernement entend faire de la lutte contre l'orpaillage clandestin une responsabilité partagée entre les services de l'État et les communautés locales. Cette démarche s'inscrit dans une vision plus globale de transformation du secteur minier ivoirien, visant à faire de l'exploitation artisanale légale un véritable levier de développement local, dans le respect des exigences environnementales et sociales.
D.Glover
Source sercom