08/05/2026 08:36 - Categorie: Art & Culture - Commune: Bloléquin - Par Super Admin
Raniculture en Côte d’Ivoire : une filière émergente portée par le FAP-BIO et le SIBIO 2026
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À Yéziondi, localité située dans la sous-préfecture de Diboké (région du Cavally), une initiative prometteuse vient renforcer les perspectives de diversification agricole en Côte d’Ivoire. Le 21 mars 2026, une session de formation dédiée à la raniculture (élevage de grenouilles) y a été animée par Dr Venance Oungbe Kary, par ailleurs Secrétaire général du FAP-BIO.
Cette formation, initiée par la famille Ouei, s’inscrit dans une dynamique nationale visant à promouvoir des alternatives locales face à la forte dépendance du pays aux importations de poissons. En effet, selon Dr Oungbe, la Côte d’Ivoire importe chaque année plus de 700 000 tonnes de poissons surgelés, pour un coût estimé à 500 milliards de Fcfa. Une situation qui met en lumière l’urgence de développer des filières locales durables.
Une opportunité économique et nutritionnelle
Dans plusieurs régions de l’Ouest ivoirien, notamment le Tonkpi et le Poro, la grenouille – souvent appelée « poulet de l’Ouest » – constitue une source de protéines très appréciée. Toutefois, l’offre actuelle, essentiellement issue de la capture artisanale, reste insuffisante pour satisfaire une demande en forte croissance.
La raniculture apparaît ainsi comme une réponse innovante. Lors de cette session, les participants ont été formés aux techniques d’élevage, à l’alimentation, à la reproduction, à la gestion sanitaire ainsi qu’aux réalités du marché. Des connaissances essentielles pour structurer une filière encore embryonnaire mais à fort potentiel.
Avec un investissement initial estimé à 350 000 Fcfa et une rentabilité pouvant atteindre 1,5 million de Fcfa par bassin, cette activité offre des perspectives économiques intéressantes pour les jeunes et les acteurs ruraux.
Le FAP-BIO, catalyseur d’une agriculture durable
L’implication du FAP-BIO dans cette initiative n’est pas anodine. Engagé dans la promotion de l’agriculture biologique en Afrique, le FAP-BIO œuvre à la valorisation de pratiques durables et innovantes, intégrant aussi bien les cultures végétales que les systèmes d’élevage.
Dans cette optique, la raniculture s’inscrit pleinement dans une approche d’élevage biologique, avec un impact environnemental réduit, une valorisation des écosystèmes locaux et une production saine destinée à la consommation.
Cap sur le SIBIO 2026
Cette dynamique prend une dimension encore plus stratégique dans le cadre du SIBIO 2026, qui ambitionne de positionner la Côte d’Ivoire comme un hub du bio en Afrique.
L’élevage de grenouilles pourrait y être présenté comme une alternative crédible et innovante aux systèmes d’élevage conventionnels. En combinant rentabilité économique, faible empreinte écologique et forte demande du marché, la raniculture pourrait devenir un pilier de l’agriculture biologique en Côte d’Ivoire et, à terme, sur le continent africain.
Des défis à relever
Malgré ces perspectives encourageantes, des défis subsistent, notamment en matière d’encadrement technique, de structuration de la filière et de préservation des ressources naturelles. Toutefois, la multiplication des initiatives de formation dans l’Ouest ivoirien laisse entrevoir une montée en puissance progressive du secteur.
À terme, la raniculture pourrait bien passer du statut d’activité marginale à celui de levier stratégique pour la sécurité alimentaire, l’emploi rural et la transition vers une agriculture durable en Afrique.