CIAPOL

DOCTEUR KOFFI MATHIAS, SOUS-DIRECTEUR DU LABORATOIRE CENTRAL DE L’ENVIRONNEMENT (LCE) DU CIAPOL affirme :
 » Les difficultés rencontrées lors de la réalisation de nos missions sont le manque d’infrastructures adéquates. »

Face à l’augmentation des pollutions atmosphériques, hydriques et terrestres en Côte d’Ivoire, le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) renforce son rôle de sentinelle environnementale. Le Dr Koffi Mathias, sous-directeur du Laboratoire Central de l’Environnement (LCE), revient sur les missions clés du laboratoire, les types de pollutions observées, les capacités techniques disponibles, ainsi que les défis et priorités pour mieux protéger les populations et les écosystèmes.

Pouvez-vous présenter le rôle et les principales missions du laboratoire du CIAPOL ?

Le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) est la structure technique du Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique (MINEDDTE) chargée d’assurer la veille environnementale des milieux naturels — air, eau et sol.

Conformément au décret n°91-662 du 9 octobre 1991 portant création du CIAPOL, le Laboratoire Central de l’Environnement (LCE) est chargé de suivre, contrôler et évaluer la qualité de l’environnement. Ses missions comprennent notamment :

L’analyse systématique des eaux naturelles (marines, fluviales, souterraines, etc.), des déchets (solides, liquides et gazeux) et des résidus.

L’évaluation des pollutions et nuisances.

La mise en place du Réseau National d’Observation de Côte d’Ivoire (RNO-CI) pour la surveillance continue des milieux naturels.

La collecte, la capitalisation et la diffusion des données environnementales.

La surveillance du milieu marin, lagunaire et des zones côtières par des patrouilles régulières.

La lutte contre les pollutions marines et lagunaires.

L’application des lois, décrets et conventions relatives à la prévention et à la lutte contre les pollutions.

La mise en œuvre du Plan POLLUMAR, dispositif d’intervention d’urgence en cas de pollution accidentel

Quelles sont les principales formes de pollution actuellement observées en Côte d’Ivoire selon vos analyses ?

Les analyses révèlent plusieurs types de pollution :

Pollution des milieux naturels (air, eau, sol) liée aux activités humaines : rejets industriels, déversements de produits toxiques, ordures ménagères, orpaillage illégal, trafic routier, brûlage à ciel ouvert, cuisson au charbon de bois, etc.

Pollution plastique, qui affecte particulièrement les eaux et les sols.

Le CIAPOL réalise ainsi un contrôle régulier de la qualité de l’air, de l’eau et des sols à travers :

Le Réseau National d’Observation (RNO) avec prélèvements et analyses chimiques, biochimiques et microbiologiques.

Le bilan de pollution des industries.

Les inspections des installations classées.

Quels types d’échantillons le laboratoire analyse-t-il le plus fréquemment ?

Le laboratoire analyse principalement :

Des échantillons d’eau,

Des échantillons d’air,

Des sédiments et sols.

Disposez-vous de moyens techniques et humains suffisants pour une surveillance efficace ?

Le personnel du laboratoire est qualifié pour les analyses environnementales de base, mais l’effectif demeure insuffisant. Il est nécessaire de :

Renforcer le personnel,

Améliorer les compétences face aux polluants émergents,

Moderniser les techniques d’analyse.

Quelles sont les collaborations du CIAPOL avec d’autres institutions ?

Le CIAPOL collabore avec plusieurs ministères et institutions, notamment :

Ministère de la Santé,

Ministère des Transports,

Ministère de l’Hydraulique, de l’Assainissement et de la Salubrité,

Ministère du Commerce et de l’Industrie,

Ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie,

District d’Abidjan,

BNET, laboratoires privés.

Il travaille également avec des organisations internationales telles que :
PNUE, ONUDI, FEM, DATA 354, HENDDU, etc.

Comment le CIAPOL contribue-t-il à la sensibilisation du grand public ?

Plusieurs actions sont menées :

Campagnes de sensibilisation sur le terrain,

Organisation d’ateliers,

Diffusion de films et podcasts,

Diffusion de publi-reportages,

Participation au SARA,

Interviews dans les médias,

Mise en ligne du site web du CIAPOL.

Quelles sont les difficultés majeures rencontrées dans vos missions ?

Le laboratoire fait face à :

Un manque d’infrastructures adéquates (laboratoires, équipements, matériels roulants),

Un manque d’équipements et de réactifs spécifiques pour les polluants émergents,

Un manque d’effectifs et de compétences spécialisées pour certaines analyses.

Avez-vous récemment enregistré des cas de pollution nécessitant une intervention urgente ?

Oui, plusieurs cas préoccupants ont été enregistrés :

Déversements accidentels de polluants dans les cours d’eau (ex. cyanure à la mine d’ITY dans le Cavally).

Rejets d’hydrocarbures dans la nature.

Pollutions organiques et minérales dues à l’orpaillage illégal.

Mortalités massives de poissons (lac aux Caïmans à Yamoussoukro, rivière Niounourou à Lakota, baie de Biétry, Abia-Koumassi, etc.) causées par des rejets toxiques.

Rejets de fumées et d’effluents industriels.

Quelles sont, selon vous, les priorités pour renforcer la protection de l’environnement et la qualité de vie des Ivoiriens ?

Les priorités sont :

Doter le CIAPOL d’un laboratoire central aux standards internationaux.

Équiper toutes les antennes régionales de structures analytiques opérationnelles.

Former et renforcer les capacités des agents aux nouveaux défis environnementaux.

Interview Réalisée par Glover

Une réponse

  1. Ce reportage est très utile.
    L’Observatoire Ivoirien pour la gestion durable des Ressources Naturelles ‘OI-REN), qui est une plateforme d’organisations de la société civile, est intéressé à collaborer avec le CIAPOL, au moins sur les volets sensibilisation et alertes précoces par les communautés rurales.

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